Jason Admin

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 | Sujet: Marcel Barbeault " Tueur de l'ombre " Mer 16 Jan - 20:30 | |
| Marcel Henri Barbeault (10 août 1941 à Liancourt, Oise, France - ) est un tueur en série qui a sévi dans les alentours de Nogent-sur-Oise dans les années 1970. Il est probablement l'auteur de sept meurtres de femmes et d'un homme. Ses crimes avaient toujours lieu le soir ou tôt le matin d'où son surnom de « Tueur de l'ombre ». Il abattait ses victimes à l'aide d'une arme à feu, une carabine 22 long rifle. Il les déshabillait sans, toutefois, les violer, et les dépouillait, fait rare chez les tueurs en série. Pourtant Marcel Barbeault était mari et père exemplaire, renfermé et « banal ». C'est ce comportement qui lui a permis pendant des années de passer à travers les filets de la police.
Finalement, après plus de 7 ans de traque, il sera arrêté grâce à un témoignage anonyme et au flair de l'inspecteur de police Daniel Neveu. Celui-ci découvrit que la clé de l'énigme était le cimetière de Nogent-sur-Oise. Celui-ci se trouvait au centre du triangle où s'étaient produits tous les meurtres. De plus, le double meurtre sur un couple avait eu lieu sur le parking du cimetière de Laigneville. Or ce meurtre, bien que différent des autres, était aussi attribuable au tueur de l'ombre. L'inspecteur Neveu en avait conclu que contrairement aux autres, celui ci n'était pas prémédité mais plus un meurtre "d'opportunité" et que donc le tueur se trouvait sur les lieux avant l'arrivée du couple et qu'il fréquentait peut-être régulièrement ce cimetière.
Lors de la perquisition, sera retrouvée dans sa cave une carabine sciée avec silencieux, un imperméable et différentes casquettes. L'analyse balistique révèlera que l'arme est celle utilisée pour deux des meurtres. Les armes des autres meurtres ne purent être retrouvées mais le mode opératoire similaire laissait peu de doutes sur un tueur unique. Marcel Barbeault ayant déjà été condamné pour cambriolage dans le passé, la police reprit la liste de tous les cambriolages dans la région et en découvrit un avec vol d'une carabine. Le propriétaire s'entrainait au tir avec cette carabine dans son jardin, les enquêteurs purent donc retrouver des douilles dans ce dernier et démontrer que celles-ci avaient servi à d'autres meurtres. Le cambriolage fut imputé à Barbeault. Les policiers purent également démontrer que les jours des meurtres correspondaient à des jours de repos de Barbeault qui travaillait dans une usine de la région.
Aujourd'hui (octobre 2007), Marcel Barbeault, âgé de 66 ans, est toujours incarcéré à la prison centrale de Saint-Maur (Indre), probablement pour le restant de ses jours, en faisant l'un des plus anciens prisonniers de France.Le père de Marcel Barbeault était cheminot, sa mère était femme au foyer. Aîné de la famille, il s’entendait bien avec ses quatre frères et sa soeur. Timide et renfermé, il quitta l’école à 14 ans après avoir raté son certificat d’études primaires. En 1957, il fut engagé dans les ateliers mécaniques des Établissements Rivière de Creil, en tant qu’outilleur.
A 19 ans, grand et fort, il pratiquait la boxe en amateur. Il voulut partir se battre en Algérie, où la guerre faisait rage depuis 1954. Le 13 décembre 1960, il s’engagea pour deux ans. Mais, alors qu’il désirait devenir parachutiste, il réalisa qu’il souffrait d’un vertige incontrôlable, et se retrouva brancardier... Ses états de service furent néanmoins récompensés : le 19 décembre 1962, il fut démobilisé avec les honneurs et fut décoré de la "Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord" et de la "Croix de la valeur militaire". De retour en France, Marcel Barbeault désira devenir gendarme, mais échoua lors des épreuves de sélection. Il retrouva alors son emploi aux Etablissements Rivière.
A 21 ans, il rencontra Josiane, une jolie secrétaire blonde et élégante, à la sortie d’un cinéma. Il était grand et imposant, mais était toujours aussi timide, et sa gentillesse toucha la jeune femme. Ce fut le coup de foudre. Ils se marièrent rapidement et eurent deux fils, en 1966 et 1972. Le couple s’installa dans le quartier des Martinets, à Montataire. Cette cité HLM venait juste d’être construite et leur logement était agréable. Le couple était heureux, Marcel Barbeault était considéré par tous comme un homme sympathique et un bon père de famille. [b]Nogent-sur-Oise est situé dans le district urbain de Creil, un bassin industriel à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Une artère principale rejoint la RN 16, et une ligne de chemin de fer Paris-Amiens serpente derrière les pavillons en briques rouges.
Le soir du 10 janvier 1969, Françoise Lecron, épouse d’un ingénieur de l’usine Saint-Gobain, faisait la cuisine dans sa maison située près de la voie ferrée. Soudain, elle entendit un grand bruit et ressentit une terrible douleur à l’épaule, puis s’écroula. Elle avait été touchée par une balle de carabine, tirée à travers la fenêtre de son pavillon. Elle n’était que légèrement blessée, mais elle n’avait pas eu le temps de voir son agresseur. Les policiers s’interrogèrent : il ne semblait pas y avoir de mobile à cette agression. Ils pensèrent à un acte dont le but était d’intimider le mari, l’un des cadres dirigeants de la prestigieuse société Saint-Gobain, qui négociait au même moment le rachat d’une entreprise de la région.
Le portrait robotLe 14 janvier au soir, Michèle Louvet, 17 ans, regagnait le domicile de ses parents, lorsqu’elle entendit elle aussi une détonation. Elle fut atteinte au ventre mais survécut. Le coup était parti d’un bosquet, le tueur était parti après l’avoir touchée. Elle n’avait pas pu le voir, car il faisait déjà presque nuit. La police rapprocha les deux agressions et la presse locale s’interrogea sur leur auteur, qu’elle baptisa "Le tueur de l’ombre".
Une semaine plus tard, le 23 janvier au soir, Thérèse Adam, une représentante en cosmétique âgée de 49 ans, regagnait son domicile. Près de chez elle, elle fut attaquée par un homme. Il l’assomma avant de lui tirer une balle de calibre 5.5 dans la nuque. Le lendemain, un passant aperçut son corps, dissimulé dans un fourré le long de la voie ferrée. Toute la ville était en émoi. Dans le journal local, ce crime incompréhensible fut relaté en détail. Pourtant, au fil des mois, Nogent-sur-Oise retrouva le calme, en essayant tant bien que mal d’oublier ce drame inexpliqué.
Presque un an s’écoula et, le 16 novembre 1969 au soir, alors qu’il pleuvait, un homme pénétra dans un pavillon isolé. Son visage était dissimulé sous un foulard rouge et il portait un ciré de pêcheur marron. Il brandit une carabine sous les yeux de Suzanne Mérienne, 44 ans, et de sa fille, Micheline, 19 ans. Très vite, il les entraîna à travers le jardin jusqu’à un terrain boueux qui bordait la ligne de chemin de fer toute proche. Il sépara alors les deux femmes, puis ligota la mère avant de la tuer d’une balle dans la tempe. Epouvantée, Micheline Mérienne eut le réflexe de s’enfuir. Devant les policiers du commissariat de Creil, elle décrivit le tueur : un homme grand et bien bâti, avec des "yeux de chat".
La police établit un lien entre les quatre agressions. La presse nationale, les radios, les télévisions dépêchèrent leurs reporters à Nogent-sur-Oise. Le "tueur de l’ombre" fit la une des journaux. L’angoisse s’installa à Nogent-sur-Oise. Les femmes brunes (comme les quatre victimes) évitèrent de sortir seules dès le crépuscule.
Pourtant, pendant plus de trois ans, le "tueur de l’ombre" ne fit plus parler de lui. Tout le monde voulait oublier ce cauchemar. On pensa que le "monstre" s’était décidé à arrêter ses crimes ou qu’il avait quitté la région. Mais, le 6 février 1973, il fit une nouvelle victime. Le corps d’Annick Delisle, 29 ans, ouvreuse de cinéma, fut retrouvé à demi nu à quelques pas du centre de Nogent. Le tueur l’avait assommée d’un coup de matraque derrière la tête, avant de l’achever d’une balle de 22 long rifle dans la nuque. _________________
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